« Il n’y a plus d’après… », chantait Juliette Gréco en 1960. Soixante ans plus tard, la plupart d’entre nous, à Saint-Germain-des-Prés comme ailleurs, appellent de nos vœux un après-COVID qui, pour beaucoup, se fait toujours attendre malgré le dé-confinement graduel commencé en mai.

Pourtant, quelques signes de normalité apparaissaient déjà au cœur du printemps. Une semaine après Pâques, ma nièce voyait son CDI confirmé par son employeur à Marne-la-Vallée. Quant à mon aînée, elle poursuivait avec âpreté son parcours d’embauche afin de rejoindre, en tant que jeune diplômée, l’une des entreprises du CAC 40. Le recrutement continue ? C’était bien donc qu’au-delà de l’immédiateté du quotidien, un « après » s’échafaudait déjà.

En effet, pour les décisionnaires en entreprise, assistés par leur DSI et les partenaires numériques de celle-ci, la réaction au COVID-19 s’articule en trois phases distinctes.

  • Pour les PME comme pour les multinationales, la première phase de réponse tactique consistait à protéger les équipes – passant au télétravail – et la pérennité de l’entreprise elle-même, en assurant, qui un service minimum, qui une montée en puissance, par exemple dans les secteurs de la grande distribution et de la santé.
  • La seconde phase est celle de l’anticipation. Elle inclut la création de scénarios et l’ébauche de plans d’actions qui permettent à l’entreprise de se préparer à toutes sortes d’éventualités, y compris les plus improbables.
  • La troisième phase, le déploiement, est enfin cette période cruciale où de nouveaux services et produits sont proposés à des clients dont les besoins et les attentes – ainsi que les habitudes et les moyens financiers – ont été bouleversés.

Comme l’expriment clairement Joël Coulondou et Vinod Seetharaman dans leurs articles respectifs d’avril sur THRIVE, la technologie est décisive pour lutter contre la pandémie à chacun de ces trois moments-clé.

Mais les solutions numériques idoines de l’avant-COVID ne le sont plus nécessairement pour l’après :

  • La gestion des chaînes d’approvisionnement mondiales, par exemple, est à repenser alors ces dernières vont se recentrer vers une dimension nationale.
  • La robotisation, en revanche, qui permet la distanciation sociale dans le lieu de production, devrait connaître un essor important.
  • De même, les solutions sécurisées de gestion de la mobilité et le commerce en ligne trouveront de nouveaux adeptes.

A travers les projets auxquels j’ai eu la chance de participer avec mes clients cette année, il est clair que la réflexion sur ces changements s’est engagée, dès avril 2020, aussi bien du côté des acheteurs que de celui des fournisseurs. Cette réflexion est compliquée par le fait que chaque secteur, voire chaque acteur économique tracera son chemin de l’après, en fonction de ses fragilités ou des succès rencontrés pendant la pandémie. Un laboratoire pharmaceutique positionné sur la recherche du vaccin anti-COVID n’aura pas les mêmes priorités qu’une compagnie aérienne secouée par les turbulences de son secteur. Pour les PME-PMI, la situation pourrait paraître critique. Selon une étude de JP Morgan Chase, leurs homologues états-uniennes n’ont, en moyenne, que 27 jours de flux de trésorerie à leur disposition. Qu’en est-il des françaises ?

Une chose est certaine, néanmoins : ré-imaginer l’économie du pays se fera par l’échange. Ce travail conjoint est souhaité par les décisionnaires français. Lors d’une enquête publiée récemment par ITSMA, plus d’un interviewé sur six indiquait que l’opportunité d’influencer les solutions et le feuille de route technologique de leurs fournisseurs numériques était la motivation principale derrière leur participation à des programmes de relations mis en place par ces mêmes fournisseurs.

Ainsi que Juliette Gréco le disait : « Comme tout change ». Gageons que la collaboration entre DSI et ESN amène un changement positif pour le pays.