Les entreprises veulent réagir plus rapidement aux mutations de leurs clients et se différencier par rapport à leurs concurrents. Mais elles ne peuvent faire abstraction des investissements IT déjà faits. Placées devant cette contradiction, les DSI jouent un rôle essentiel pour digitaliser la relation client, mettre les données à disposition plus rapidement et se déployer de manière agile.

Comment moderniser son système d’information, en particulier son patrimoine applicatif ? Comment intégrer les mutations de son secteur d’activité, tenir compte de l’organisation de son entreprise ou de la pression budgétaire ?
C’était le thème du dîner organisé par DXC, Dell Technologies et CIO avec des DSI de très grandes entreprises.
Cinq grands thèmes ont marqué les échanges et parfois entamé les convictions des participants.

D’abord celui de la valeur, elle se conçoit différemment avec la simplification et la digitalisation des systèmes d’information.
Désormais, le Return on Investment (ROI) semble moins important que le Return On Value (ROV). La valeur se mesurant notamment par la capacité accrue à innover en initiant beaucoup plus rapidement les nouveaux projets. Si l’on investit ce n’est pas pour reproduire à l’identique mais pour apporter de la valeur métier, des nouveaux services… Des éléments largement partagés par les DSI.

Si la valeur se mesure autrement et se déplace, c’est donc pour se retrouver dans la notion d’agilité et la capacité à gagner du temps.  L’intérêt économique devient indirect et porte moins sur les coûts du matériel et du stockage, même si, bien entendu, l’analyse du passage vers le cloud comprend toujours une comparaison entre les offres du marché en cloud privé et celles en cloud public.

Celui qui conçoit est aussi celui qui déploie

Deuxième sujet fort, celui du « delivery model ». Il est porté par les DSI les plus avancées dans la modernisation de leur SI, elles l’appliquent sur les nouveaux environnements de type cloud. En model You Build It You Run It, les équipes de développement restent en charges des opérations même si elles n’ont pas été créées pour assurer du 24/7.
Et sur les systemes legacy, les models delivery « silotés » prévoyant le transfert de suivi des opérations aux équipes en 24/7 existent toujours.

Pour ces nouveaux modèles de delivery, les DSI ont besoin de ressources, de nouvelles formations et de nouveaux modèles d’organisation, c’est le troisième point.
Comment mettre en pratique les méthodes de travail agiles ? Comment repérer et former des profils différents et les amener sur les nouveaux enjeux de la DSI ? Comment évaluer le middle management et l’accompagner vers une nouvelle organisation ? Toutes ces questions méritent une réflexion dans un contexte rendu plus compliqué par les disparités d’approches entre les Milleniums et les GenX, mais l’hybridation des équipes est essentielle.

Ces thèmes de skills — upskilling, reskilling et la recherche de talent — concernent toutes les DSI, mais les solutions diffèrent. L’une d’elles localise dans Paris son centre de recherche digitale pour attirer les meilleurs profils. D’autres internalisent leurs équipes, conservent le modèle en régie pour garder leurs talents, à rebours de nombreuses préconisations.
Pour toutes, le marché de l’emploi reste très tendu, pour les DSI comme pour leurs prestataires. Cependant, la réalité est que l’entreprise ne peut pas tout réaliser seule, il faut faire des choix réfléchis sur des sous-traitances (start-up, universités, ESN…).

Verticaliser son SI

Quatrième point, le multi cloud. Il concerne toutes les DSI avec des stratégies plus ou moins avancées. Bien que la question financière soit omniprésente, des approches diverses ont été adoptées. L’un des DSI pratique le multi-cloud en verticalisant son SI, une partie pour le matériel, une pour les bases de données.

Cinquième thème à retenir, celui des ERP. Certaines convictions fortes ont pu être ébranlées en entendant plusieurs intervenants insister sur l’agilité et la vitesse et préconiser des modèles spécifiques, différents des ERP du marché.
Si la tendance se confirme, ce serait un changement important pour ce secteur.

Cinq sujets communs, prévus en préparant ce dîner ou imposés par les participants au cours de la discussion comme le sourcing, les ERP ou l’absolue nécessité d’un sponsoring fort au plus haut niveau pour la DSI. D’autres n’ont pas été abordés, la cybersécurité par exemple, preuve que ce n’est plus une préoccupation majeure ou un frein à la transformation digitale, des interrogations peuvent néanmoins subsister sur le cloud public.  En fait, un seul frein est reconnu par toutes les DSI dans leurs efforts de transformation, les ressources humaines.