Il ne se passe pas un jour sans que la transformation digitale soit le thème central d’un forum technologique ou économique. Avec le temps, la transformation digitale est une expression banalisée, et d’après les enquêtes, cette perte de sens préoccupe la plupart des responsables informatiques car elle reste la question centrale des organisations.

Reconnue comme le cœur de la stratégie de 90% des décideurs européens, l’essence de la transformation digitale n’est pas uniquement technologique mais englobe aussi les menaces et les opportunités commerciales qui feront l’avenir des organisations.

Cette nouvelle vision s’éloigne de la théorie pour mieux répondre aux réalités du terrain. Les projets concrets fleurissent et les concepts deviennent des scénarios réels d’activité. Les impacts économiques de cette 4e révolution inquiètent vraiment les sociétés modernes car les objectifs sont ambitieux. Les entreprises tentent de réinventer complètement leur modèle, les relations entre les personnes et les processus qui feront fonctionner ce nouvel écosystème économique.

Les experts voient une forte corrélation entre la digitalisation d’une organisation et l’augmentation de ses revenus et de sa rentabilité, qui prend du coup une longueur d’avance sur les retardataires qui eux reculent économiquement (voire disparaissent). Bien que l’implantation de nouveaux processus de la transformation digitale ne soit ni simple ni rapide, ils sont incontestablement inévitables.

IDC prédit qu’en 2029, les entreprises auront achevé la digitalisation de tous leurs processus. Pour être plus précis, ils considèrent que 75% des organisations seront déjà complètement “transformées” à cette date.

En France

Nous devrions assister à la généralisation d’un processus de disruption digitale, maintenant que les entreprises ont compris que le jeu en valait la chandelle.

L’étude de l’ACSEL sur la croissance digitale met en exergue que les entreprises en phase de digitalisation ont 2,2 fois plus de chance de voir leur valeur ajoutée augmenter que celles qui n’ont entamé aucune transformation. Le profil des entreprises « Digital Champions » du Baromètre Croissance & Digital est surprenant puisque 93% sont des PME dont 63% de 20 à 49 salariés et 67% créées il y a plus de 15 ans.

Cela prouve que le cœur du tissu économique français peut investir dans le digital pour une plus grande productivité en démocratisant l’usage des technologies telle que IoT, IA & data, la réalité virtuelle, la réalité augmentée, la blockchain, la 5G, le cloud et le quantum computing. Lors de l’inauguration du salon Viva Tech 2019, Emmanuel Macron a déclaré qu’il souhaitait faire de la France « le pays qui invente la régulation de la nouvelle économie » car les enjeux de la transformation digitale sont aussi géopolitiques.

Même si la volonté de se transformer vient du plus haut niveau de l’Etat, d’après un nouveau rapport du cabinet d’étude indépendant du Financial Times (FT) Focus, c’est le responsable informatique qui est chargé d’opérer le changement. 81% des français interrogés déclarent que le département informatique a besoin d’être plus influent au sein de l’entreprise pour mener à bien les changements nécessaires (contre 63% en moyenne). La mise en place d’une transformation digitale n’est pas sans impact sur l’organisation et révèle que pour 72% des dirigeants d’entreprise français (contre 47% en moyenne pour les autres pays), la transformation digitale brouille les lignes hiérarchiques.

Alors, comment répondre à cette tendance, changer radicalement les règles commerciales et mettre en marche un processus de transformation suivi par tous ? Et plus important, comment améliorer aussi les résultats économiques ? En résumé, comment faire pour que toutes les organisations montent sur le bateau de la digitalisation et récoltent le fruit de leurs efforts de transformation ?

Pour clôturer sa transformation digitale, l’opinion majoritaire préconise de cibler : l’excellence du service client, l’efficacité opérationnelle et la productivité des employés. Les spécialistes précisent également que, bien qu’il existe une corrélation entre la maturité digitale et la croissance, réinventer l’ensemble du modèle économique ne se fait pas du jour au lendemain.

La transformation digitale est un effort qui s’étend sur plusieurs années et son retour sur investissement ne s’opérera pas toujours à court terme. L’acronyme ROI ne se réfère plus tant au retour sur investissement mais prend un tout nouveau sens : Retour sur Innovation.