Fin Janvier 2019, une étude Internationale menée par le cabinet d’avocats Simmons & Simmons soulignait que 64% des décideurs et investisseurs des secteurs des technologies, de la santé et des sciences de la vie voient l’e-santé comme une « priorité stratégique ». Pour 65% d’entre-eux, les nouvelles technologies médicales ont le potentiel d’améliorer les diagnostics et près de la moitié estiment que les répercussions sur la qualité des soins est importante.

Pourtant, un décalage apparaît entre le potentiel de ces nouvelles technologies et la traduction opérationnelle en milieu hôspitalier. Selon le premier « observatoire de la formation en santé » présenté un mois avant cette étude, en décembre 2018 lors des Assises nationales hospitalo-universitaires, 73 % des professionnels de santé interrogés s’estiment mal formés en matière de numérique, d’intelligence artificielle et de robotisation. Près de 90 % pensent que les changements apportés par ces technologies vont transformer leurs métiers et nécessitent de former les acteurs de la santé.

Une attente qui paraît légitime et nécessaire lorsque l’on observe la quantité de données que les professionnels de la santé et des sciences de la vie doivent désormais prendre en compte et analyser dans leur travail quotidien. D’après une étude du « LIR », think tank santé regroupant de grandes entreprises internationales de recherche pharmaceutique, le volume des données de santé devrait atteindre 2,3 milliards de giga-octets d’ici à 2020. Cette étude démontre également le potentiel de ces données de santé pour le développement d’une médecine personnalisée, les auteurs précisant qu’elles constituent “un véritable levier pour la sécurité sanitaire et pour l’efficience des parcours de soins et des organisations”.

Sur le terrain, on doit reconnaître que les projets concluants se multiplient. Prenons l’exemple de l’AP-HP (Assistance publique des Hôpitaux de Paris) qui envisage d’équiper ses vingt-trois unités de chirurgie ambulatoire de chatbots conversationnels capables d’interagir avec les patients par SMS suite à leur hospitalisation. En cas de réponse alarmante ou incohérente des patients, les équipes soignantes sont alertées et peuvent prendre contact avec les patients par téléphone. L’AP-HP s’est également équipée de robots chirurgicaux en novembre Da Vinci en novembre 2018 afin d’assister les équipes de chirurgiens dans des gestes techniques de chirurgie cardiaque, colorectale, digestive ou encore gynécologique…

Mais toutes ces avancées technologiques ne sont viables que si la circulation des données de santé est maîtrisée, ce qui implique l’intégration d’une information complète, mise à jour et personnalisée pour chaque patient. Les DSI des organismes de santé ont un rôle fondamental à jouer dans cette transition numérique. Au delà de leur faculté à définir une ligne claire, ils doivent être en mesure d’accompagner les dirigeants dans la compréhension des enjeux digitaux, tout en favorisant le déploiement d’outils capables de soutenir cette transformation. À ce niveau, les prestataires de services de santé commencent à percevoir l’intérêt des plateformes de collecte et d’analyse de données de santé en tant que levier de différenciation vis à vis des concurrents. Qu’il s’agisse d’intégrer des données hétérogènes, d’exploiter l’IoT ou de créer un datalake, un module analytique tel que DXC Open Health Connect permet d’améliorer le croisement des informations médicales. En plus d’apporter des informations à valeur ajoutée pour les patients et de faire avancer la qualité des soins, ce type de plateforme a le potentiel de faire émerger de nouveaux business model et de nouvelles compétences dans la sphère médicale. À condition que les personnels soient correctement formés, accompagnés et aptes à exploiter intelligemment les nouveaux outils digitaux.