Même s’il reste du chemin à parcourir – certains évoquent une échéance à dix ans au moins – avant de voir se généraliser les transports autonomes en milieu urbain notamment, les progrès technologiques sont incontestables. Mais d’autres changements – politiques, économiques, environnementaux, culturels, sociétaux, moraux… – sont aussi nécessaires pour installer cette nouvelle réalité dans nos sociétés.

C’est une évidence pour tous, la voiture a pris une place considérable dans nos modes de vie. Mais son succès global, toujours très prégnant, ne masque plus les problèmes qu’elle a pu générer : accidents et mortalité, pollution et impacts sur l’environnement, congestion des réseaux routiers et temps de transport élevés, pour ne citer que ceux-là.

Aujourd’hui, outre une prise de conscience certaine, la probabilité que des véhicules et autres modes de transports autonomes puissent, grâce à la technologie, apporter des réponses à ces problèmes n’est plus une utopie. Comme le souligne Arun Srinivasan, responsable des solutions de mobilité chez Bosch UK, « la vision d’un système de transport pleinement intégré, durable et efficace se concrétise progressivement »*.

Ni utopie, ni fiction

D’une certaine façon, on peut estimer que la question technologique est désormais reléguée au second plan. La réalité n’a-t-elle pas déjà dépassé la fiction ? En avril dernier, Tesla a annoncé la mise en circulation d’un million de robots taxis d’ici 2020 – autant dire demain – sans volant, ni pédale.

On ne compte plus, non plus, dans de nombreux pays, les mises en circulation de bus sans chauffeurs à la demande, sur des trajets balisés. Et la RATP, très présente sur de nombreuses expérimentations de véhicules autonomes, travaille avec Airbus sur des véhicules volants urbains autonomes. Il est certain que les constructeurs ont su prendre, il y a plusieurs années, le virage qui leur permettrait de garder une maîtrise technologique, et l’implication de villes intelligentes pionnières a permis de mener des tests en situations réelles, qui sont devenus des preuves de concept pour les expérimentations à plus grande échelle.

Adapter le quotidien à cette réalité

Une enquête réalisée dans 6 pays, dont la France montre vraiment le chemin parcouru : une personne interrogée sur deux se dit prête aujourd’hui à circuler d’ici cinq ans dans un véhicule autonome, avec une préférence pour les véhicules conçus par des constructeurs automobiles historiques. Autre signe de ce mouvement vers des mobilités autonomes : le 24 avril dernier, la ministre chargée des Transports, Élisabeth Borne, a annoncé le soutien de deux consortiums pour favoriser les échanges entre les acteurs et de 16 expérimentations de véhicules autonomes pour faire entrer ce mode de transport dans le quotidien des citoyens.

* Source : http://www.bbc.com/future/bespoke/the-disruptors/on-the-move/