1,5 milliards d’abonnements 5G au haut débit mobile d’ici la fin 2024 et 40% de la population mondiale couverte. Les chiffres annoncés par Ericsson laissent présager un déploiement relativement rapide du réseau 5G. Il est vrai qu’avec un débit 10 fois plus élevé que celui de son prédécesseur, la 5G est attendue sur plusieurs fronts. L’Union internationale des télécommunications (UIT) résume ces attentes en trois grandes catégories de performances : l’eMBB (enhanced Mobile BroadBand) pour répondre aux besoins de très haut débit, l’URLLC (Ultra Reliable Low Latency Communications) pour adresser les besoins de connexion ultra rapides et fiables et le mMTC (massive Machine Type Communications) pour les communications liées aux objets connectés.

Mais au-delà des performances pures, la faculté de la 5G à s’adapter aux attentes des applications d’entreprise est un point qui retient l’attention. Contrairement à la 4G qui fournit des débits identiques pour chaque usage, la 5G permettra de les moduler pour répondre aux besoins spécifiques de l’entreprise. Par exemple, le débit alloué aux objets connectés présents sur une chaîne de production pourra être moins important que celui qui alimente un réseau de sécurité sensible. C’est un aspect d’autant plus intéressant que les usages de la 5G sont nombreux. Le plus évident est le rôle que va jouer la 5G dans le développement du travail à distance, permettant aux collaborateurs de tirer pleinement parti des nouveaux outils collaboratifs. En accélérant les transferts d’informations, elle sera également capitale pour les opérations industrielles, tout comme pour la   sécurisation des véhicules autonome ou encore le développement des applications de réalité virtuelle. Toshiba a récemment publié une étude démontrant que la 5G est le facteur le plus susceptible de stimuler l’essor des lunettes intelligentes pour les applications industrielles et professionnelles dans les années à venir. De son côté, l’Arcep vient tout juste de mettre à jour son tableau de bord des expérimentations 5G présentant les différentes initiatives en cours dans plusieurs villes françaises. « L’année 2019 sera surtout consacrée à la standardisation, au test de la technologie et des divers appareils afin de s’assurer qu’ils fonctionneront quand la 5G sera plus largement disponible » indiquait récemment Dave Russell, VP de la stratégie produit chez Veeam, au journal Le Monde Informatique.

Ces différents sujets ont été largement débattus à l’occasion du Mobile World Congress qui s’est tenu du 24 au 28 février à Barcelone. L’occasion de souligner l’impact de la combinaison des technologies, tout particulièrement le triptyque 5G, IA et IoT qui ouvre de nouveaux horizons pour tous les appareils et actifs connectés. Dans le même ordre d’idée, l’association GSMA, qui représente près de 800 opérateurs et constructeurs de téléphonie mobile dans le monde, a publié un rapport mettant en avant « les changements fondamentaux que la fusion de ces technologies transformatrices entraînera », avec la possibilité de « connecter tout et tout le monde de manière intelligente ». « La 5G va permettre de déployer des applications analytiques et prédictives basées sur le cloud, plus rapidement. Elle va également faciliter la diffusion d’algorithmes vers un grand nombre d’objets connectés qui vont capter des informations situationnelles et/ou personnaliser leurs comportements », analyse Lê Minh Tran Van, managing partner, Analytics, chez DXC Technology.

Reste à surmonter le défi de la sécurité. Car si la 5G offre plus de rapidité, elle élargit également le spectre des attaques informatiques en offrant plus de points de connexion à Internet à travers le réseau. Nul doute que la généralisation des réseaux 5G dans l’industrie s’accompagnera de l’adoption croissante de nouvelles technologies de cryptage des données, notamment les solutions mobiles d’Edge Computing.