D’ici 2021, IDC estime qu’il ne devrait rester que 7,2 millions de data centers en activité dans le monde, soit 15% de moins qu’en 2015. Gartner renchérit sous la plume de l’analyste Dave Cappucio, en annonçant que 80% des entreprises prendront la décision de fermer leur datacenter traditionnel d’ici 2025. En parallèle, on constate une forte croissance du marché du cloud. Toujours selon Gartner, le secteur du cloud public devrait connaître une croissance de 17,3% pour atteindre près de 210 milliards de dollars en 2019. Le segment qui devrait être le plus dynamique est le IaaS (infrastructure en tant que service) avec presque 28% de croissance.

Ces tendances confirment que les infrastructures classiques, la plupart du temps conçues en silos, ne suffisent plus à répondre aux besoins de groupes d’utilisateurs toujours plus nombreux et à des applications de plus en plus exigeantes. Les exemples d’entreprises faisant appel à Azure ou à AWS se multiplient. En France, Veolia a été l’un des premiers à témoigner de son fonctionnement 100% cloud, sans datacenter interne, grâce à plus de 50 machines distinctes proposées sur l’infrastructure AWS, totalisant jusqu’à 128 cœurs physiques, 4 To de RAM et des interfaces réseaux à 10 et même 20 Gbps sur les dernières instances.

Comme le rappelait Dan Hushon, CTO de DXC, dans un récent article, les fournisseurs de cloud public offrent désormais « une capacité massive à petits prix et des datacenters aux emplacements stratégiques ». Alors que les deux nouveaux datacenters français Azure viennent de fêter leur premier anniversaire, Microsoft a dressé en ce début d’année un bilan de l’adoption de ses infrastructures en France. Les quatre datacenters présents en France accueillent désormais plus de 10.000 clients. Parmi eux, de très grands groupes, mais également des TPE, ce qui confirme l’intérêt des entreprises de toutes tailles pour l’externalisation des services d’infrastructure.

Les fournisseurs de cloud public inaugurent une nouvelle ère de l’informatique d’entreprise, plus flexible, plus rapide et plus simple, avec la possibilité de déployer des milliers de serveurs en quelques minutes, contre 10 à 18 semaines (le temps moyen nécessaire pour lancer des serveurs sur site). Ce phénomène va de pair avec l’agilité dont les entreprises modernes doivent faire preuve. « Aujourd’hui, pour se transformer, il faut s’appuyer sur des cycles courts, en intégrant l’échec comme un paramètre normal dans les projets », remarque Nicolas Maincent, Managing Partner, Digital Technology Consulting, chez DXC Technology (voir la vidéo). En permettant d’allouer ou de désallouer des ressources à la demande très rapidement, le cloud est en cohérence avec ces méthodes agiles qui impliquent nécessairement une part d’expérimentation, et donc d’échec.

Reste à aborder la question de la migration d’un modèle classique vers des infrastructures IaaS. Si, comme le rappelle Dan Hushon, de nombreuses actions de portage virtuel verront le jour en 2019, il faudra envisager toutes les options de migration, dont le recours à des outils d’automatisation. Enfin, il sera nécessaire de s’entourer de partenaires capables d’accompagner l’entreprise dans le choix d’une architecture cloud en restant attentif aux critères de mise à l’échelle, de disponibilité et de coûts.