La majorité des salariés dans les différents services de l’entreprise (RH, comptabilité, finance, gestion des processus informatiques, etc.) sont affectés à des tâches manuelles répétitives au quotidien comme la saisie de factures dans un système ERP. Environ 50 % à en croire différentes sources… Face à la complexification des usages et des processus, dee plus en plus d’organisations estiment que leurs équipes passent beaucoup trop de temps à collecter des données manuellement, impactant leur productivité de l’entreprise, la qualité de vie au travail et augmentant le risque d’erreur de traitement. Face à ce constat, l’automatisation des tâches est une solution très largement adoptée, l’enjeu étant de libérer du temps pour des expertises pointues ou les tâches à plus forte valeur ajoutée.

Dans ce contexte, de nombreuses entreprises ont commencé à déployer des solutions RPA (automatisation robotique des processus). Selon ISG, une société de conseil et d’analyse des marchés, 22 % des entreprises françaises ont adopté en 2018 des technologies d’automatisation des processus par la robotique et 50 % projettent de le faire en 2020.

L’IA pour augmenter les usages RPA

Pour l’heure, ces robots sont principalement programmés pour réaliser un ensemble de tâches répétitives ne nécessitant pas d’interprétation. La Société Générale exploite des RPA pour automatiser le traitement administratif de certaines opérations. Natixis fait de même en France pour automatiser certains traitements de ses back-offices dédiés aux activités de financement et de marchés. Mais cela devrait s’accélérer avec l’intelligence artificielle appliquée aux RPA. « L’intégrationde l’intelligence dans l’automatisation est une évolution naturelle. A l’origine, les RPA étaient prévus pour travailler sur des données structurées. L’intelligence artificielle permet justement d’augmenter ces usages en structurant et en interprétant la donnée afin de renforcer l’autonomie des robots dans l’application des règles métiers», indique Michael Benguigui, BPS Sales Lead Europe du Sud chez DXC Technology.

L’intelligence artificielle permet, en effet, d’élargir le champ d’action des RPA ; on parle même de robots augmentés (RPA 2.0) qui sont capables d’apprendre plus rapidement, par exemple, en lisant des factures numérisées et d’y reconnaitre des éléments visuels comme des signatures, des tampons permettant ainsi de les classer plus rapidement. Dans les centres d’appels, ces robots intelligents sont capables de classifier des emails et, en fonction de leur nature, de donner automatiquement des réponses appropriées. Dernier exemple, dans le domaine de la santé, certains systèmes cognitifs sont d’ores et déjà capables d’automatiser des processus mais aussi de comparer des données d’anciens patients à des données en temps réel pour y rechercher des signes précoces d’une maladie. A terme, les RPA 2.0 pourraient même réagir à la voix humaine par téléphone.

L’IA apportera une augmentation radicale de l’efficacité dans les processus d’automatisation mais cette technologie pourrait entrainer une disruption sans précédent dans la structure des emplois. Beaucoup de fonctions pourraient être automatisés à l’horizon 2030. C’est justement à cette date que l’IA arrivera à maturité ; les années 2030 correspondant d’ailleurs à la mise en circulation des premiers véhicules entièrement autonomes (sans conducteur). Les entreprises soutenues par les pouvoirs publics devront alors engager un investissement inédit dans la formation continue et la reconversion professionnelle surtout pour les populations à faible niveaux d’études. Evidemment, ces technologies ouvriront aussi à de nouveaux métiers très qualifiés.