« D’une manière générale, un projet de transformation digitale doit s’adapter aux nouveaux modes de travail pour les rendre plus compétitifs en impliquant tous les collaborateurs. Dans le cas contraire, c’est l’échec assuré », constate Laurent Turquier, Regional Sales Leader, Digital Workplace and Mobility pour l’Europe du Sud, chez DXC Technology. Le Digital Workplace n’échappe pas à cette règle, il ne suffit pas d’avoir une logique purement financière. Pour la réussite d’un projet de Digital Workplace, l’entreprise doit en priorité identifier les usages et c’est à partir de là que l’on pourra réellement mesurer le ROI (retour sur investissement). Comment ? En prenant en compte trois éléments essentiels :

1 – Les outils et les solutions IT

« En soi, le déploiement d’outils et de solutions est un investissement, il n’y a pas, à proprement parler, de ROI », précise Laurent Turquier. Et d’ajouter : « Le succès de cet investissement passe surtout par l’adoption des outils auprès des utilisateurs qui se mesure via des tableaux de bord et des enquêtes ». Prenons l’exemple d’un déploiement de Skype Entreprise, il est assez simple de collecter des données sur son utilisation au quotidien en sondant tous les utilisateurs et d’en tirer des résultats. « Aujourd’hui, nous exploitons même des outils intelligents basés sur l’intelligence artificielle pour les sonder en temps réel », ajoute Laurent Turquier.

2- Les utilisateurs

Il ne suffit pas d’aligner des technologies et des méthodes d’organisation inédites si ces dernières ne répondent pas réellement aux besoins des collaborateurs ou y répondent de façon partielle. Pour les utilisateurs, le ROI se mesure donc sur sa satisfaction, la qualité de son travail et son bien-être. « Un projet de Digital Workplace doit aussi faciliter le quotidien d’un collaborateur, réfléchir, avec les ressources humaines, d’une démarche d’ouverture vers le télétravail… », projette en exemple Laurent Turquier.

3- L’entreprise

Du point de vue de l’entreprise, le ROI se mesure sur la productivité de ses salariés. « Pour obtenir des résultats, l’entreprise doit mettre en place de nouvelles organisations de travail, une meilleure communication entre les intéressés et les services. L’objectif étant que les collaborateurs  se consacrent à des tâches à forte valeur ajoutée », explique Laurent Turquier. En effet, la création d’espaces de travail intelligents qui améliorent la collaboration et la créativité, ou encore le changement organisationnel dans les processus internes (recherche des informations, partage des contenus, etc.), sont autant de solutions qui peuvent améliorer la productivité. Là aussi, à l’instar du déploiement de nouveaux outils numériques, un plan de formation est indispensable pour le personnel. C’est d’autant plus important que ces nouveaux processus s’intègrent aussi dans un existant.

Pour Laurent Turquier, le ROI, c’est la combinaison de ces trois points, son succès dépend du travail d’études et d’audits faits en amont, notamment sur l’identification des besoins et de leur adoption par tous les utilisateurs. « A titre d’exemple, sans vous citer le nom d’un client, son entreprise n’a pas effectué cette démarche initiale, elle a directement déployé une suite bureautique sans impliquer ses salariés. Résultat : un échec total sur l’adoption de l’outil. A l’inverse, nous avons aussi l’exemple d’un client qui a fait appel à nos services pour un projet similaire, le succès a été au rendez-vous car un travail d’études sur l’identification des besoins a été réalisé en amont », déclare Laurent Turquier.

Pour conclure, la mise en place d’un projet de Digital Workplace implique tous les salariés et employés dans l’entreprise, dans le cas contraire, cette transformation aboutira à un échec d’où l’importance de l’accompagnement et de la formation auprès des utilisateurs quel que soit leur profil. Dans ce contexte, les décideurs et les dirigeants ont une grande responsabilité dans cette réussite sous peine de perdre les meilleurs talents, attirés ailleurs, et d’amener l’entreprise sur une voie de moindre efficacité que ses concurrents. N’oublions pas que le salarié doit être désirable pour l’extérieur et désireux d’évoluer et de rester au sein de l’entreprise.