L’intelligence artificielle, IA, fait l’unanimité, c’est le sujet n°1 dans l’IT, pour les DSI et même les comités de direction. Des chiffres irréfutables le soulignent. En 2016, 1 600 start-ups étaient recensées dans le monde entier, la France en a créé 270 depuis l’an 2000. Depuis 2012, les investissements sont passés de 415 millions de dollars à 5 milliards de dollars. Un cabinet spécialisé, Tractica, estime que les applications en entreprises basées sur l’IA passeront de 643 millions de dollars en 2016 à 36 milliards de dollars d’ici 2015.
Derrière ces chiffres spectaculaires, l’économie commence à prendre en compte le dynamisme de l’IA. De grands groupes rachètent des start-ups. La perspective de voitures autonomes montre qu’en plus d’une innovation technologique, l’IA va provoquer un effet plus large en particulier sur la responsabilité du véhicule. Le secteur automobile est autant bouleversé que celui de l’assurance, sans parler des effets simples sur les habitudes des possesseurs de véhicules et des conducteurs. L’emploi sera bouleversé, beaucoup de débats s’emparent du sujet, 60% des emplois actuels sont automatisables à 30% dans les 20 à 40 années à venir, estime le cabinet Mc Kinsey.
Inversement, de nouveaux emplois sont envisageables, dans les entreprises et chez leurs prestataires pour prendre en compte l’intelligence artificielle et tout le traitement des données qu’il nécessite. De nouveaux profils sont également en gestation. Des « psydesigner » vont s’occuper de l’ergonomie et du design des nouvelles interfaces, par exemple pour concevoir et faire évoluer des assistants personnels. Des « egoteller » vont s’intéresser aux scénarios comportementaux des robots. Enfin, les « ethiciens » vont définir les règles des algorithmes afin d’encadrer l’intelligence artificielle. Après tout, l’arrivée et l’essor de la téléphonie mobile depuis seulement vingt ans ont permis de créer de nouveaux métiers et de nouvelles entreprises. L’IA aura aussi ses effets positifs.

Les nouveaux business models de l’IA

Des programmes de formation sont envisagés. Le groupement France IA parle de former les équipes opérationnelles et de sensibiliser les comités de direction. Ces derniers autour des nouveaux business models de l’intelligence artificielle. Les universités et centres de recherche français sont également au premier rang, l’IA ne va pas sans start-up mais derrière, il faut des chercheurs qui restent en France et n’aient pas la tentation de partir pour être mieux rémunérés avec des moyens de recherche plus puissants.
Pour profiter de la vague de l’IA, les start-ups ne suffiront pas, elles devront grandir, être épaulés et s’appuyer sur une recherche de niveau international dotée de puissants moyens. Les décisions du gouvernement sont très attendues. Au mois de janvier 2017, un rapport d’orientation est sorti, prestement enterré par la majorité élue avant l’été. Un nouveau rapport est attendu du côté de Cédric Villani. La Corée du sud investit 800 millions d’euros sur 5 ans. La Chine investit et ses grands acteurs encore plus, comme Baidu avec plusieurs milliards de dollars. Les Etats-Unis ont multiplié les rapports gouvernementaux en 2016. Au Japon, le gouvernement a ouvert deux centres de recherche en 2016 rappelle le rapport France intelligence artificielle coordonnée par France Stratégie.