La coopération ou sa version sous forme de coopétition (le fait de la pratiquer avec des concurrents) est une histoire ancienne dans l’informatique, où les organismes de normalisation sont nombreux et font travailler ensemble des compétiteurs. Ils sont encore plus nombreux et influents dans les télécoms. Auparavant, l’entreprise coopérait parce qu’il le fallait, dans des parcours balisés et limités.
Le numérique apporte une toute autre dimension à cette coopération, en favorisant les éco-systèmes et les plateformes numériques. L’entreprise ne peut rien seule et doit faire de sa stratégie d’alliances un axe fort. Elle entre dans un monde d’écosystèmes nombreux, différents et mouvants. Rien d’évident. D’autant qu’un discours numérique dominant explique que faute de transformation et d’alliance, l’entreprise peut disparaître. De rares acteurs, comme DXC, ont la capacité à se mettre en phase par rapport à ces coopérations.

Rester maître de la situation

Il faut s’engager dans ce nouveau monde de manière très maîtrisée, pour parler de co-innovation, de co-conception, de co-création, avec de nouveaux acteurs, des clients, des concurrents mêmes. L’entreprise et le DSI savent-ils capter les start-ups ? Comment coopérer avec ses clients pour amener les meilleurs services possibles en un temps le plus court possible ? La coopération, la coopétition en fait, avec des concurrents est-elle réellement possible et maîtrisable ? A toutes ces questions, il faut répondre, sans perdre de vue son objectif… et sans perdre son poste.
L’innovation est par exemple très diverse. Les hackatons font florès, avec de jeunes développeurs externes ou avec des collaborateurs internes. Les résultats sont-ils réels ? Est-ce une innovation ou une opération de communication sympathique ? L’appel aux start-ups se fait-il par du private equity, de l’investissement ou la création et la co-création de start-ups proches ? Faut-il co-financer des développements avec des start-ups, prendre des participations au capital de certaines, ou les racheter ?

Une DSI dotée d’un rôle nouveau

La DSI va trouver sa place dans ce mouvement. Souvent, la coopération va se trancher au plus haut niveau de l’entreprise dès qu’il sera question d’investissement, mais la réalité, la coopération sur des projets, se fera en passant par elle, comme les formules de DevOps. Elle doit trouver son intérêt et le faire coïncider avec celui de l’entreprise. Trouver aussi l’organisation la plus efficace. Comment travailler avec des entreprises externes, des laboratoires implantés à l’étranger, même s’ils appartiennent au même groupe ? Comment trouver des formules de travail coopératif pour les équipes ? Comment préparer le terrain social, quand les accords signés prévoient un cadre strict par exemple pour les horaires, le télétravail, les achats en extérieur ?
Le numérique introduit une concurrence plus forte, plus rapide, mais paradoxalement force à travailler avec les nouveaux acteurs ou même les concurrents. Quelqu’un dans l’entreprise doit savoir encadrer ce mouvement, lui donner l’impulsion suffisante pour capter l’innovation. Mais tout doit se conduire au profit de l’entreprise, au bénéfice de sa transformation. La DSI est l’axe de ce mouvement d’innovation et de coopération, sinon elle-même est menacée.