Selon une récente étude réalisée par le cabinet de conseil Wavestone et dévoilée lors du Forum International de la Cybercriminalité (FIC) 2017, 66 % des français jugent n’avoir qu’un contrôle partiel sur leurs informations personnelles malgré les différentes lois en vigueur. Ce chiffre jette indirectement un réel doute sur la confiance numérique accordée par les français. Ont-ils raison d’avoir une certaine méfiance envers l’exploitation de leurs données personnelles par les multiples applications et services numériques proposés par les entreprises ? A en croire la fréquence des attaques en tout genre qui ne cesse de progresser ces cinq dernières années, la réponse est oui. Une sécurité rigoureuse des données est essentielle pour redonner de la confiance aux utilisateurs. Cette protection est d’autant plus importante avec l’arrivée des objets connectés dans notre quotidien à la maison et au bureau. En effet, ces objets connectés vont massivement utiliser et générer des données personnelles alors qu’ils sont, aujourd’hui, extrêmement faillibles. Il est plus que temps pour les fournisseurs de prendre en compte cette problématique de sécurité dans la conception même de leurs objets connectés. Dans le cas contraire, ils risquent de perdre définitivement la confiance des consommateurs. Et sans confiance, une entreprise ne pourra ni exploiter, ni partager les données de ses clients à bon escient. Résultat : l’entreprise perd des clients, des parts de marché et pourrait même s’exposer à des risques.

Les entreprises doivent rassurer leurs clients

Selon un rapport réalisé par Accenture sur la confiance numérique, 83 % des entreprises interrogées estiment que la confiance est la pierre angulaire de l’économie numérique. Ce rapport précise que pour gagner la confiance des individus, des écosystèmes et des instances de réglementation, les entreprises doivent rassurer leurs clients quant à la rigueur de leur infrastructure de sécurité et de leurs règles éthiques, et ce, à chaque étape du parcours client. Les nouveaux produits et services doivent intégrer, dès leur conception, ces règles d’éthique et de sécurité. Les entreprises qui relèveront ce défi parviendront à instaurer une confiance forte avec leurs clients. Déjà, des efforts sont réalisés par les fournisseurs qui n’hésitent plus à rassurer leurs clients en créant des datacenters en local dans chaque pays concerné afin d’être en conformité avec les lois en vigueur sur la sécurité (RGPD, Privacy Shield, etc.). De même, les concepteurs d’objets connectés commencent à intégrer des dispositifs et des protocoles de sécurité en natif. Tous ces efforts minimisent le risque et instaurent un climat de confiance avec les clients.

Créer une gouvernance sur la confiance numérique

Pour gagner la bataille de la confiance numérique, la stratégie se joue en interne. Les responsables IT (RSSI, DSI, CISO, etc.) doivent être entendus au sein du comité de direction car ils décident de la mise en œuvre des politiques de sécurité numérique à tous les niveaux de l’entreprise. Ils se doivent aussi de collaborer avec les différentes directions métiers, notamment le marketing. Ensemble, ils doivent élaborer une gouvernance de la confiance numérique pour rassurer leurs clients sur leurs données.

Cela dit, restons objectifs car l’érosion perçue de cette confiance numérique ne freine en aucun cas les usages. Les français, dans leur ensemble, continuent à diffuser leurs données personnelles et semblent même résignés sur leur exploitation commerciale. C’est sûrement « le prix à payer », pensent-ils, pour accéder à toutes ces applications et ces services numériques, le plus souvent gratuits !