La blockchain suscite beaucoup de commentaires et d’échanges. Experts du sujets et acteurs de ce secteur naissant émettent plusieurs analyses, en particulier le secteur bancaire et ses plus hautes autorités. Ces derniers sont engagés et par définition fort précautionneux. David François qui fut chief technical officer de Paymium une plateforme de bitcoin estime que « l’un des grands avantages des blockchains publiques comme celle du bitcoin réside dans le fait qu’il n’existe aucune barrière à l’entrée : n’importe qui peut créer un service. En particulier, n’importe qui, moyennant un important capital confiance, peut créer une banque en bitcoin qui accepte les dépôts des clients et émet des crédits en bitcoins. C’est en ce sens que le bitcoin peut disrupter la banque sur l’activité de crédit, en faisant tomber cette barrière à l’entrée. »
Autre angle d’attaque, pour l’économiste Philippe Herlin « les banques sont ubérisables en tant que très grosses structures, très hiérarchisées et centralisées ». Elles souffrent de leurs rigidités et de la comparaison en matière tarifaire : « les coûts d’intermédiation très faibles des services fondés sur le bitcoin, par rapport aux frais bancaires ». On le voit, la blockchain serait bien une alternative à des banques peut modernisables.

La Banque de France en pointe

La blockchain est une affaire sérieuse. Selon Adrien Lafuma, directeur général du labo blockchain, « en France, l’expérimentation bancaire la plus aboutie semble être le projet de la Banque de France. Les autres projets français sur lesquels Blockchain Partner est intervenu évoluent de différentes manières : certains relevaient plutôt d’une logique d’expérimentation pure, et n’avaient pas pour ambition d’aller nécessairement au-delà de la phase de prototypage ; d’autres ont mis en avant des problématiques autour de la confidentialité et des volumes qui ne semblent pas surmontables à court terme et restent donc en pause. »
De son côté, Éric Larchevêque, fondateur de l’incubateur La maison du bitcoin estime : « Parce que cette technologie existe, les banques sont obligées d’investir, pour éviter que la révolution se fasse sans elles….Une blockchain, c’est un ADN mathématique. Cet ADN régit les règles d’un système, dont on ne peut pas modifier les règles internes, de la même façon qu’on ne peut pas modifier notre ADN… on ne peut pas hacker les mathématiques. Et comme ce système fonctionne en peer-to-peer (chaque ordinateur du système contient une partie des informations), la base de données contenue dans la blockchain est publique, personne ne peut donc la contrôler. Personne n’est propriétaire de la blockchain. […] Même si on lui coupe un bras, il repousse ailleurs. »
La Banque de France en pointe

Vers une généralisation

Dans le journal Le Monde, Fabrice Silberzan, directeur général délégué de BNP Paribas AM, expliquait : « d’ici deux à trois ans, l’utilisation de cette technologie pourrait se généraliser. Il pourrait en résulter une augmentation des volumes de transaction car l’industrie de la gestion collective va gagner en fluidité et en efficacité. L’intérêt commun des sociétés de gestion et de leurs clients est de rendre la chaîne de production des fonds la plus efficiente possible ». Venu de beaucoup plus loin une autre analyse retient l’attention, celle d’Igor Bulantsev, vice-président senior de la banque russe Sberbank. Pour lui, « il est important de noter que la Blockchain aide les acteurs du marché à coopérer plus efficacement, et que Sberbank contribue à l’avenir du secteur bancaire et de notre pays en lançant le laboratoire Blockchain.