Si l’actualité met en lumière le bitcoin et le plus souvent ses excès, d’autres formes de blockchain gagnent en crédibilité. Les secteurs des banques et des assurances, partout dans le monde, multiplient les expériences sur la blockchain. Pour elles, cette technologie permettrait de garantir l’identification des clients et des biens et de simplifier les transactions en supprimant les tiers de confiance. Derrière, elles visent des économies de fonctionnement importantes, elles pourraient économiser entre 15 et 20 milliards de dollars par an sur les six prochaines années, selon une étude de la banque Santander.
La blockchain permettrait également des gains de temps pour les échanges inter-bancaires. Un échange de titres ou d’actions prend actuellement jusqu’à trois jours pour être validé, avec une « blockchain » partagée entre banques ce serait quelques minutes. Pour les banques, « le fait de partager une base de données est intéressant notamment sur des actifs complexes comme les actions, les produits dérivés qui demandent beaucoup de vérifications », explique à l’AFP Christophe Chazot, directeur de l’innovation chez HSBC. Rapidité, sécurité et encore des économies, cette fois en termes de puissance informatique : « Une blockchain privée n’aura pas besoin d’autant de puissance de calcul que pour le bitcoin car les transactions ne seront validées que par un nombre limité d’acteurs certifiés », estime Philippe Denis, responsable blockchain de BNP Paribas CIB.

L’effet d’entraînement des banques

Beaucoup d’analystes utilisent le mot d’ubérisation pour expliquer le phénomène blockchain, cette fois pour les services bancaires et d’autres services qui leur sont souvent liés. Si les banques qui multiplient les expérimentations de blockchain passent à la réalité cette année, le mouvement pourrait atteindre d’autres secteurs par la confiance que dégage naturellement le secteur bancaire.
Dans son sillage, certifier un document, conclure un contrat ou effectuer une transaction gratuitement et de manière sécurisée pourrait être assuré dans une blockchain spécialisée. Les participants à cette blockchain se dispenseraient de notaires, de banquiers ou de fonctionnaires assermentés. En théorie, de simples utilisateurs pourraient vérifier et archiver tout type de document et même de transaction dans un registre dématérialisé.

Le regard d’un assureur

Exemple, celui de la société britannique Everledger, hébergée dans l’accélérateur de start-up de l’assureur allemand Allianz. Elle utilise cette technologie pour certifier des diamants. « Même si un diamant est cassé, volé et revendu sur internet, une fois retrouvé on pourra l’identifier grâce à la blockchain d’Everledger qui permet de récupérer ses caractéristiques, sa valeur, son historique de vente », explique à l’AFP Virginie Fauvel, membre du comité exécutif d’Allianz France. L’assureur, au-delà de ses propres besoins, regarde de près d’autres formes de sécurisation.
La blockchain, « c’est comme un livre de compte tenu par tout le monde. Il est infalsifiable car si on veut changer une transaction, il faut la changer en même temps chez tout le monde », explique Alexandre Stachtchenko, spécialiste de la blockchain. Beaucoup d’idées et d’expérimentations, mais encore trop peu de réalisations, 2018 sera l’année du vrai départ de la blockchain ou d’un éternel sur place.