En Europe et en France et au plus haut niveau la blockchain est une affaire prise très au sérieux pour son potentiel mais son parcours est de plus en plus balisé pour éviter les écueils. C’est Mariya Gabriel, la commissaire européenne à l’économie numérique qui donne le ton. « Je considère la technologie blockchain comme un changement fondamental et je veux que l’Europe soit à la pointe de son développement ». Pour elle, « l’Union européenne, ne peut pas se permettre de rater la révolution numérique liée à la technologie blockchain, qui renforce la traçabilité et la sécurité des données et des transactions sur internet ».
Même balancement en France entre le potentiel et les nécessaires précautions à prendre. « La blockchain est l’une des ruptures technologiques majeures en faveur de l’intérêt général », notait fin janvier François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France. « Nous devons dissocier la Blockchain du Bitcoin, la première est la technologie la plus prometteuse de ces dernières années dans les services financiers, le dernier est un actif risqué réservé aux investisseurs ». Il s’exprimait lors du Fintech Forum.

Le Trésor se veut rassurant

« L’idée est de faire en sorte qu’on ne bloque pas le développement de la technologie, tout en assurant que les objectifs fondamentaux de la réglementation financière soient respectés, à savoir : la protection du consommateur, la stabilité financière et la lutte contre le blanchiment d’argent », a expliqué Corso Bavagnoli, chef du service du financement de l’économie de la DG Trésor, lors d’une audition au Sénat.
« Et si, nous aussi, les Européens, décidions d’une stratégie offensive dans ce domaine ? » se demande Éric Verhaeghe Pdg de Tripalio. Pour lui « La blockchain est devenue l’obsession du moment. C’est cette technologie décentralisée qui permet de développer des crypto-monnaies, comme le bitcoin, dont les autorités bancaires ne manquent pas une occasion de dire du mal. Il est désormais difficile d’ouvrir un journal sans lire les péripéties de cette étrange invention du XXIè siècle qu’est le bitcoin, première monnaie virtuelle de l’histoire ». Pour lui, les médias et les banques freineraient cette innovation, les premières par des articles alarmistes, les deuxièmes par peur de perdre leur place. Les Autorités publiques mettent le feu vert, mais les différents acteurs songeraient d’abord à préserver leurs acquis.
La blockchain permet pourtant de changer le système monétaire international lui-même, remarque Ned Naylor-Leyland, gérant du Old Mutual Gold & Silver Fund, Old Mutual Global Investors : « La refonte du système monétaire international trouve son origine dans l’invention de la blockchain, une technologie d’architecture de stockage distribuée, un système électronique qui permet de se passer des intermédiaires, comme les banques et les Etats, dans une transaction financière. Le passage du yuan à l’or nous a appris que le métal précieux est utilisé comme support pour l’intermédiation, mais la présence de la blockchain change encore plus radicalement les règles du jeu du système monétaire international et accélère le retour en force de l’or comme monnaie internationale. La blockchain apporte une solution aux problèmes de la portabilité et de la divisibilité du métal jaune. »