Selon McKinsey France, une mutation vers le numérique réussie génère une augmentation brute potentielle du résultat opérationnel de 40 %. A l’inverse, une chute de 20 % de ce résultat opérationnel est possible pour une entreprise qui ne parviendrait pas à s’adapter au numérique. Il est donc logique, qu’à la vue de ces chiffres, la transformation numérique apparaîsse, pour les dirigeants des entreprises, comme une priorité stratégique absolue.

En soi, le numérique fait déjà partie du quotidien des entreprises, mais souvent, sur le terrain, les responsables paraissent désemparés pour mesurer la réelle efficacité de ces technologies. Plusieurs points restent à surmonter dont : le manque d’implication et de confiance du dirigeant lui-même dans le numérique, le temps d’adaptation des collaborateurs, la perception du changement, une réflexion sur les choix technologiques, la formation, le sens que l’on donne à ces outils numériques, etc. Bref, la transformation numérique est plus souvent perçue comme un fardeau qu’il faut intégrer pour ne pas être marginalisé.Partant de ces constats, il faut inverser la tendance en montrant aux dirigeants comment ils peuvent tirer profit du numérique. Une cartographie de la maturité numérique est donc indispensable pour les entreprises. Elle doit permettre de définir une culture numérique de la société via l’établissement de diagnostics mais pas seulement pour l’outillage numérique et ses usages. En effet, les diagnostics doivent aussi prendre en compte des aspects plus intangibles comme la confiance, la connaissance ou le critère sociétal. Dans le rapport réalisé sur ce sujet par le Cigref il y a deux ans, le descriptif du cadre de référence sur la culture numérique faisait état de sept dimensions ou KPI (ouverture, viabilité, confiance, interdépendance, responsabilité, connaissance et agilité) à partir desquels l’entreprise peut faire son état des lieux du numérique.

Des questionnaires pour mesurer la culture du numérique

Ces diagnostics se basent, le plus souvent, sur des questionnaires qu’il est possible de personnaliser en fonction du métier et du contexte de l’entreprise. Par la suite, les résultats du diagnostic donnent une liste des forces et des faiblesses de l’entreprise dans son adoption du numérique. Le debriefing des résultats doit impliquer tous les personnels de l’entreprise, c’est d’ailleurs souvent la première étape d’un début de travail collaboratif à grande échelle pour de nombreuses sociétés. Et sur cette base de travail, l’entreprise peut poser plus facilement ses premières briques pour bâtir un plan d’action.

En France, une grande expérience est menée depuis trois ans par les Echos Business et Gilles Babinet, entrepreneur et Digital Champion de la France auprès de la Commission européenne, pour dresser un palmarès exclusif des sociétés du CAC 40 selon leur maturité numérique. Comment ? En réalisant un questionnaire très détaillé réparti en plusieurs thèmes (organisation managériale, niveau de maîtrise technologique, degré d’implication des collaborateurs, etc.). Et les résultats sont plutôt encourageants d’une année sur l’autre. Ainsi, en 2016, la moyenne s’est établie à 11,35 points (sur 20), contre 10,51 en 2015. Seules 9 sociétés obtiennent une note inférieure à 10. C’est l’entreprise Engie qui a reçu le trophée du eCAC40 suivie par Orange et la Société Générale. A noter que les entreprises industrielles, qui étaient plutôt positionnées dans le bas du classement, ont enregistré pour l’édition 2016 les plus belles remontées.

Rate this